Le temps est devenu l'une des ressources les plus rares de nos démocraties. Accélération de l'information, succession des crises, pression médiatique permanente, exigences de l'urgence climatique, sanitaire, économique ou géopolitique : les institutions contemporaines sont sommées d'agir toujours plus vite. Pourtant, la démocratie, l'État de droit et la délibération collective reposent sur un temps long, fait de discussion, de compromis et de maturation. De cette tension naît une interrogation f...
Le temps est devenu l'une des ressources les plus rares de nos démocraties. Accélération de l'information, succession des crises, pression médiatique permanente, exigences de l'urgence climatique, sanitaire, économique ou géopolitique : les institutions contemporaines sont sommées d'agir toujours plus vite. Pourtant, la démocratie, l'État de droit et la délibération collective reposent sur un temps long, fait de discussion, de compromis et de maturation. De cette tension naît une interrogation fondamentale : que devient la démocratie lorsque l'urgence devient la norme ? À travers une réflexion croisant philosophie politique, économie, histoire et analyse institutionnelle, Mohamed Es-Sbai explore les conséquences de l'accélération du temps sur l'action publique. Il montre comment le règne de l'urgence fragilise les mécanismes démocratiques, transforme le rapport des citoyens aux institutions et met à l'épreuve les capacités d'anticipation des États. Face à des défis qui dépassent les frontières nationales, l'auteur plaide pour une réhabilitation du temps long dans la décision publique et s'interroge sur le rôle que l'Europe pourrait jouer dans la reconstruction d'une capacité collective à gouverner l'avenir. Un essai sur notre époque, où la question du temps est devenue l'une des questions politiques majeures du XXIe siècle.
Mohamed Es-Sbai est économiste de la régulation et de l'énergie. Responsable Marge Énergie à la direction financière d'Engie, il est également conseiller énergie auprès de Confrontations Europe. Chercheur associé au LIRAES (Université Paris-Cité), il enseigne la microéconomie et les politiques publiques dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur, notamment à l'université Paris-Dauphine et à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.