Les journaux disent "" Assassins "". C'est imprimé en gros caractères noirs qui tachent les doigts, en bandeau au-dessus de la photo grise du peloton des voltigeurs républicains. Au deuxième rang, le troisième en partant de la gauche, c'est moi. Bob est en première ligne, le bidule à la main comme une batte de base-ball. Assassins. On a mis un ""S"" à la fin. On aurait pu en mettre une douzaine, cela ne changerait rien. Rue Hautefeuille, c'était lui derrière et moi devant, comme le petit cheval ...
Les journaux disent "" Assassins "". C'est imprimé en gros caractères noirs qui tachent les doigts, en bandeau au-dessus de la photo grise du peloton des voltigeurs républicains. Au deuxième rang, le troisième en partant de la gauche, c'est moi. Bob est en première ligne, le bidule à la main comme une batte de base-ball. Assassins. On a mis un ""S"" à la fin. On aurait pu en mettre une douzaine, cela ne changerait rien. Rue Hautefeuille, c'était lui derrière et moi devant, comme le petit cheval de la chanson qu'on apprend à l'école. Julien Mathes a 23 ans. Sa nuit commence un matin de Décembre. C'est la nuit noire des vérités officielles qui mélange à plaisir le sang des victimes et celui des assassins.