Ecrire, c'est former des lettres, et former des lettres, c'est dessiner. On passe si facilement de l'encre à écrire à l'encre à dessiner, c'est toujours la même encre, un substitut du sang : l'encre, c'est le sang de l'âme. Aucun écrivain n'a été aussi grand dessinateur que Victor Hugo, génie majeur dans les deux métiers. Mais cela ne doit pas empêcher de se livrer à la même « marotte » qu'un tel géant. A force de manipuler le stylographe, on s'abandonne parfois à griffouiller sur les marges de ...
Ecrire, c'est former des lettres, et former des lettres, c'est dessiner. On passe si facilement de l'encre à écrire à l'encre à dessiner, c'est toujours la même encre, un substitut du sang : l'encre, c'est le sang de l'âme. Aucun écrivain n'a été aussi grand dessinateur que Victor Hugo, génie majeur dans les deux métiers. Mais cela ne doit pas empêcher de se livrer à la même « marotte » qu'un tel géant. A force de manipuler le stylographe, on s'abandonne parfois à griffouiller sur les marges de la page, et peu à peu on y trouve plaisir, apaisement. Le besoin naît de reproduire les formes du monde, et le tour est joué. On devient dessinateur. « Il se peut que le Dessin soit la plus obsédante tentation de l'esprit », écrivait Paul Valéry.
Christophe Boubal, né à Paris en 1960 dans une famille de commerçants propriétaires depuis 1939 du Café de Flore à St Germain-des-Prés, établissement dans l'ambiance fourmillante et légendaire duquel il a passé son enfance et son adolescence. Passionné par la littérature depuis sa première jeunesse, il a eu la chance de pouvoir approcher les derniers « monstres sacrés » de l'intelligence française : Roland Barthes ou Louis Aragon, entre autres. Qui l'ont incité grandement à poursuivre dans la voie littéraire. Christophe Boubal a publié un « mémorial », Café de Flore, ainsi que plusieurs recueils de nouvelles et de poésies. Dessinateur occasionnel, et sans formation autre que sa propre pratique, il s'est remis au dessin, à égalité avec l'écriture, depuis 2011.